lundi 12 novembre 2012

Un week-end en famille, François Marchand

Ecrit par Eric Neirynck 07.11.12 dans La Une Livres, Les Livres, Recensions, Roman, Le Cherche-Midi

Un week-end en famille, Août 2012, 13 €

Ecrivain(s): François Marchand Edition: Le Cherche-Midi

« Je venais de me marier avec Aurélie à Las Vegas, dans la foulée d’une perte monumentale au poker, en me disant qu’il valait mieux rassembler toutes les conneries possibles sur un seul jour ».
Un grande part de l’histoire de ce livre c’est Paris qui rencontre la province, mais aussi la province qui rencontre Paris
Et quelle province ! La Samouse, région fictive (quoique), coin perdu s’il en est. Fin fond d’un monde dit civilisé par les citadins purs et durs.
Des petits villages aux doux noms imprononçables, des rencontres improbables, mais « obligatoires » et des gens tellement différents. Le narrateur a la « malchance » d’avoir épousé une fille du cru, Aurélie. Pour lui faire plaisir, il accepte de rencontrer ceux qui font partie de sa vie de jeune fille, et de leur être présenté.
Le temps d’un week-end interminable avec sa belle-famille, il prend la mesure des différences qui séparent la ville de la province. Pour lui toute cette aventure ne fait que confirmer l’adage ; on ne choisit pas sa famille.
Dès son arrivée le vendredi soir, il sait déjà que les choses se passeront mal. En à peine quelques heures, il a droit de la part de son beau-père aux commentaires sur les plus beaux villages de France, le bonheur de la vie à la campagne loin de l’enfer de cette autre planète où vivent de drôles d’habitants que l’on nomme les Parisiens. Race humaine incompréhensible, prétentieuse, hautaine, mais avec laquelle il est bien obligé maintenant de composer vu le choix de sa fille.
En fait vous prenez toutes les fausses idées que se font les provinciaux des Parisiens et vice versa, et vous obtenez la première partie de ce week-end en famille.
« – Comment s’appelait-il, ce film, déjà, ma chérie ?

– Quel… Quel film ? De quoi tu parles ?

– Le film, tu sais bien, où les gens ressemblent à ça. Je suis sûr que ta famille a joué dedans. Voyons. Je n’arrive jamais à m’en souvenir.

– Je ne vois pas, et quel rapport avec ma famille ?

– Le rapport, ce sont les dégénérés. Délivrance ! C’est ça, Délivrance ! John Boorman ! C’est ici que ça a dû être tourné.

– Espèce de salaud, tu es dégueulasse.

– Excuse-moi, chérie. D’ailleurs, je me trompe. Dans le film, la nature est très jolie, rien à voir avec la Samouse ».

S’en suit une descente aux enfers. Une folle poursuite, un drame, un passage mystique.

« Je me hasardais à baguenauder dans les rues désertes de Barrais-Bussolles, réfléchissant une fois de plus au sens de ma présence ici. Étais-je Jonas censé annoncer à la Samouse sa fin ? Et par là la sauver ? Ou, après tout, les événements successifs n’étaient-ils que des incidents profanes ? »
Le plus étonnant est sans doute l’épilogue de ce livre qui est comme la vie, souvent très différent de ce que l’on attend.
Ce livre est drôle, agréable à lire. Un vrai moment de détente dans le plus pur style de François Marchand.

Eric Neirynck