lundi 24 septembre 2012

L'amour est déclaré


L'amour est déclaré, Nicolas Rey

L’amour est déclaré, 13 septembre 2012, 196 p. 17,5 € (Ebook, 4,99 €)
Ecrivain(s): Nicolas Rey Edition: Au Diable Vauvert

L'amour est déclaré, Nicolas Rey
« – Très bien Clara (son éditrice), tu veux un bouquin. Dans trois mois, je te file un truc d’histoire sur la guerre d’Indochine avec une longue dédicace pour remercier “Wikipédia”.
– Nicolas, continue à raconter ta vie. T’es bon qu’à ça.
J’avais 39 ans, des impôts à payer et un appartement à rembourser. J’avais un fils aussi. Bref, je n’avais plus vraiment le choix ».
Et il l’a fait, en 196 pages il nous parle à nouveau de sa vie.
Le premier mot qui vient à l’esprit au début de la lecture du nouvel Opus de Nicolas Rey est : rassurant. Il va mieux ! Enfin presque. Ce livre peut être considéré comme une « suite » d’Un léger passage à vide publié il y a deux ans. Livre dans lequel  l’auteur nous parlait de ses problèmes liés à diverses substances dont il était un fervent consommateur à l’époque.
Dans L’amour est déclaré, toute cette période est derrière lui, fini les excès et vive l’amour !
« Je crois qu’elle s’est endormie à ce moment-là. Je crois que c’est à ce moment-là que je me suis levé pour serrer son visage dans mes bras et que j’ai pensé : “Quoi qu’il arrive, je ne te quitterai plus”.
Je crois que c’est à ce moment-là, aussi, que je suis tombé amoureux d’elle. Définitivement.
À présent j’ai beaucoup moins sommeil. Je me lève avant les autres. Grâce à elle. A cause d’elle. Pour elle, je serais prêt à me rendre au BHV… ».
C’est lui maintenant qui veille sur son entourage. Son fils Hippolyte, à qui il essaye d’expliquer la vie en lui expliquant ses expériences passées. De la première claque maternelle à la première claque amoureuse. Il lui explique le sexe, le beau mais aussi celui qui réduit l’homme à l’état de simple bête. Yves Kleber, son dieu, son panda, son double en pleine crise existentielle à qui il tente de sauver la vie. « Kleber raffole de l’expression “enfant-chien” puisque cette insulte permet de réunir à la fois les mômes et les animaux, les deux choses que Kleber déteste le plus au monde ».
Fini les cocktails explosifs et vive le Coca light à tous les repas. Il va même jusqu’à vouloir accéder à la propriété, incroyable pour le Nicolas Rey d’Un léger passage à vide.
Par amour il va tout accepter, jusqu’à la découverte de cinéaste culte, mais uniquement culte dans son village.
Malheureusement, rien n’est éternel. Sur un malentendu, la vie, la vraie va reprendre ses droits.
Une écriture simple, des mots et des maux de tous les jours, une recette qui marche parfaitement chez Nicolas Rey. Chacun pourra à un moment ou un autre se reconnaître dans un des différents petits chapitres.
« Dans la vie, les choses se terminent toujours mal.
Dans un livre pas forcément ».

Eric Neirynck

L'ouragan


L'Ouragan, Daniel Martinange

L’ouragan, Mai 2012, 15 €
Ecrivain(s): Daniel Martinange Edition: Stéphane Million éditeur

L'Ouragan, Daniel Martinange

Un livre, un style, une révélation. Trois qualificatifs qui résument à eux seuls le premier livre de Daniel Martinange.
Dans L’Ouragan (livre qui porte magnifiquement son nom aussi bien dans la forme, que dans le style), l’auteur nous fait son road book/movie à lui.
Une histoire d’amour passionnelle, écrite à la façon des nouvellistes américains.
Pour Antoine, la cinquantaine, tout commence par la découverte de celle qui sera la perle de sa vie, j’ai nommé : Bahia.

« Il l’avait rencontrée aux Baléares lors d’un voyage organisé, après le décès accidentel de ses parents… ».
« Depuis sa rencontre avec Bahia il n’avait plus ni cerveau ni sexe. Mais dans sa tête et son entrejambe un organe unique, indéfinissable, tout à elle dévolu. Se liquéfiant en elle il recevait en retour un torrent d’énergie, il se rechargeait. Erectile jusqu’au ciel il décrochait les étoiles. Elles tombaient sur la Terre, il se vautrait dans un tapis d’étincelles ».
L’histoire d’un amour fou qui va les mener au pire, une tragédie, qui fait prendre au récit l’allure d’une folle aventure humaine. Quoi qu’il fasse où qu’il aille Antoine, le « héros » du livre n’est plus qu’une ombre dans le souvenir de Bahia, sa belle, sa perfection, son Eldorado.
Le livre est un ensemble de petites histoires hantées par cette femme disparue. L’envie d’Antoine de fuir son acte et un passé trop lourd à porter.

« Lorsque Antoine émerge du sommeil, un jour badin piétine à sa fenêtre.
La nuit l’a plongé dans des rêves où il était sûr de lui. Une femme lui donnait raison sur tout.
Il se lève.
– Quel merdier, le monde… Ça s’arrange pas… Toutes ces guerres, ces enfants martyrs… De pire en pire…
Il soliloque ? Timbré ! Se préoccuper de ça au saut du lit. Siphonné !
Mais non. Mais non. Bouleversé par le reportage télévisé de la veille, il s’adresse à Bahia. Pour maintenir le lien. Comme si elle était à ses côtés et lui répondait ».

En quelques dizaines de pages, le chemin d’Antoine va croiser celui d’autres paumés. Une albinos perdue dans les méandres de la quête de l’amour, un Indien Navajo des plus originaux, une fille un peu folle qui passe d’homme en homme sans se soucier le moins du monde de ce que l’on peut penser d’elle, un fakir et sa planche à clous et des animaux qui parlent. Jusqu’au jour où…
L’histoire se déroule à un rythme effréné, mais tellement prenant que vous ne pourrez lâcher ce livre une seule seconde sans avoir envie d’y replonger immédiatement.
Daniel Martinange nous fait l’économie de toutes fioritures (pas de descriptions inutiles, pas de longueurs qui ne servent bien souvent qu’à noircir du papier).
Il va à l’essentiel, le récit. Pari réussi !
L’histoire se termine, l’ouragan est passé. Vous pouvez reprendre une activité normale.

Eric Neirynck