samedi 16 juin 2012

80-04-11 Serge Gainsbourg à propos de Evguenie Sokolov - JT FR3

L'urgence et la patience, Jean-Philippe Toussaint - La cause littéraire

L'urgence et la patience, Jean-Philippe Toussaint Ecrit par Eric Neirynck 01.05.12 dans La Une Livres, Les Livres, Recensions, Récits, Essais, Les éditions de Minuit L’urgence et la patience, Éditions de Minuit 2012, 107 p. 11 € Ecrivain(s): Jean-Philippe Toussaint Edition: Les éditions de Minuit « D’ordinaire, l’urgence préside à l’écriture d’un livre et la patience n’est que son complément indispensable, qui permet de corriger ultérieurement les premières versions du manuscrit ». Au travers de différents petits récits, Jean-Philippe Toussaint nous fait voyager dans son univers, dans son parcours d’écrivain, mais peut-être et surtout dans sa vie tout simplement. « J’ai oublié l’heure exacte du jour précis où j’ai pris la décision de commencer à écrire, mais cette heure existe, et ce jour existe… » Dans la première partie de cet essai, il nous fait partager l’urgence et patience qu’il éprouve dans son travail d’auteur. « L’urgence, qui appelle l’impulsion, la fougue, la vitesse ; et la patience, qui requiert la lenteur, la constance et l’effort. Mais elles sont pourtant indispensables l’une et l’autre à l’écriture d’un livre, dans des proportions variables, à des dosages distincts, chaque écrivain composant sa propre alchimie, un des deux caractères pouvant être dominant et l’autre récessif, comme les allèles qui déterminent la couleur des yeux ». Dans la seconde partie, il nous ouvre les portes de ses bureaux, de ses lieux d’écritures et de découvertes. Il revient sur sa relation avec Proust et A la recherche du temps perdu qu’il avoue avoir plus relu que lu. Sa rencontre avec Jérôme Lindon, son éditeur chez Minuit, qui lui permet après avoir été refusé par un bon nombre de maisons d’édition d’être enfin publié, et la naissance de leur amitié. Jérôme Lindon lui « offrant » même un petit face à face avec Samuel Beckett, un de ses modèles, à qui il avait fait appel pour avoir un avis sur son « travail » lorsqu’il n’était qu’un apprenti écrivain. Il termine sur une déclaration d’amour aux mots, à Beckett et à la richesse de la langue française. Pour résumer, ce petit livre d’une centaine de pages est avant tout l’histoire d’une envie, d’un besoin de partage avec ses lecteurs. Un véritable « making of » de Jean-Philippe Toussaint, sans jamais tomber dans les banalités. Vous ne trouverez aucune trace de ce soi-disant besoin vital, encore moins de la nécessité de mettre ses tripes sur la table, que bien des écrivains évoquent pour « justifier » leur besoin d’écrire. Non, il nous parle simplement de rêve et d’envie. Et c’est gagné. Impossible enfin de ne pas parler du fauteuil bleu-turquoise qui traverse ce livre comme un petit fil rouge. Fauteuil dans lequel il a fait ses premières découvertes et où il a ressenti toute la puissance de la littérature. « Au mur, à un clou, tel un pluvier, pendait un ravanastron. …maintenant que je sais ce que la phrase veut dire, que je peux certifier qu’elle a un sens et que je pourrais, le cas échéant, l’affadir en l’expliquant, je me rends compte que c’est dans sa forme, et nullement par son sens, qu’elle m’avait ébloui ». Eric Neirynck

La maternité - Mathieu Simonet

Ma mère, une mère juive comme les autres si ce n'est qu'elle n'est pas juive. Un caractère, une force que je croyais indestructible. Jamais elle ne s'est plainte, jamais elle n'a reculé. Un exemple de droiture et de courage. Jamais malade, aimant son travail..., une autre époque. Des dizaines d'années sans faire de vagues, accrochée au roc qu'était mon père. Jusqu'à l'effondrement de sa vie. La disparition de son homme, de son repère, de l'arbre auquel elle s'était raccrochée. Mon père parti, elle n'était plus que l'ombre d'elle même. Oubliant les choses essentielles, voulant à son tour partir, rejoindre celui qu'elle aimait. En quelques semaines, je l'ai vu vieillir, devenir l'image de ma grand-mère. Cette femme vieillissante que je n'ai jamais connue jeune ; elle m’a eu sur le tard. Si simple, douce et si belle sur le peu de photo de ses vingt ans qu'elle a conservée. La mort et la perte sont des choses atroces, mais voir ses parents vieillir, et à travers eux se voir vieillir est loin d'être chose aisée. Ma mère est encore là, maintenant c'est moi qui m’occupe d’elle comme elle là fait avec moi lorsque j’étais enfant. La vie a fini par inverser les rôles. Elle n’est ni heureuse, ni malheureuse, elle est juste encore là. Moi, je la chéris, elle est mon dernier lien avec le passé, mon passé. Posted 3 weeks ago by Mathieu Simonet http://la-maternite.blogspot.fr/2012/05/texte-n5-de-eric-neirynck.html