samedi 23 juin 2012

Moins qu'une pute.


"Moins qu’une pute" de Régis Clinquart, n’est pas une livre, n’est pas un roman ou une nouvelle, c’est tout simplement une lettre de rupture. Et pas n’importe quelle lettre, c'est celle que nous avons tous eu envie un jour d’écrire et d’envoyer, voire de publier à  celui ou celle qui nous fait souffrir. 
Comment dire à celle qu’on a aimée, désirée, baisée pendant des mois, qu’elle n’est pas moins qu’une pute?
Régis Clinquart à réussi , avec honnêteté, sincérité, sans langue de bois à le faire. Des mots, des phrases simples et directes qui vont droit au but. Surtout, ne cherchez pas de poésie, de regret dans cette lettre. Ce livre n'est rien d'autre qu'un règlement de compte sur papier afin de solder une bonne fois pour toutes, le mal qu’une femme devenue salope peut faire à un homme!
Dans le même ouvrage vous trouverez : “Romance”, mais je vous en parlerai lors d'un prochain billet.
Régis Clinquart c’est aussi Apologie de la viande et d’autres textes dont certains, publiés dans la revue Bordel. Il est aussi réalisateur de court métrage. Vous pouvez le découvrir et l’aimer sur son site web : www.clinquart.com.
 



Régis  Clinquart   Moins qu'une pute - suivi de Romance
Flammarion 2004 /   126 pages

jeudi 21 juin 2012

Bruxelles


Si tu ne l'as jamais vue, tu ne connais rien. C'est la plus belle, la plus ouverte, la plus simple, la plus proche de l'idéal de liberté. Ce n’est pas l'Amérique, Dieu merci, c'est mieux. Elle représente la planète entière, elle à une langue, un code, un style, une superbe qu'aucune d'autre au monde n'a. Elle ne rivalise pas avec les autres, elle n'en a pas besoin. Elle s'offre à toi, ne te demande rien. Elle boit, elle fume, elle danse, elle chante, mais si tu la fais chier, parfois elle te mord aussi. Si tu prends le temps de la connaitre, si tu lui donnes un peu d'amour, jamais elle ne te décevra, jamais elle ne t'abandonnera. Elle ce n'est pas une femme. Elle c'est ma belle, Bruxelles.

mardi 19 juin 2012

Jésus-Christ rastaquouère


Jésus-Christ rastaquouère 



Francis Picabia



CHAPITRE I

Je ne parle pas de chat, je ne parle pas des oreilles, je ne parle pas de maïs, je ne parle pas du mouton, je ne parle pas des femmes, je ne parle pas des hommes. Je ne suis pas peintre, je ne suis pas littérateur, je ne suis pas musicien, je ne suis pas professionnel, je ne suis pas amateur.
Or, dans ce monde laissé pour compte, il n’y a plus que des spécialistes. Les spécialités séparent l’homme de tous les autres hommes.
Poètes lyriques, poètes dramatiques, vous adorez l’art pour échapper à la littérature, et vous n’êtes que littérateurs. Peintres traînards, les régions que vous explorez sont de vieilles anecdotes. Musiciens, vous êtes des ricochets sur l’eau…
Un homme de nos jours
Est une sorte de miroir.
Quand le rideau se lève,
La place de spectateur
Est parfaitement libre ;
Il n’a pas la foi
Et vous lui imposez des préjugés,
Comment espérer ?

Jalousie, amour, haine, ambition, le spectateur joue ces rôles ondoyants et solennels.
Dieu, qui domine l’action problématique, est aussi improbable que la providence ou la fatalité.
Félicité extraordinaire,
Nécessairement impossible,
Dans le feuillage clairsemé
Des papillons arc-en-ciel.
Les bons légumes, le fraiser, l’héliotrope, etc… Voilà les excès d’amour et le néant de Jésus-Christ-Rastaquouère.


la suite : http://fr.wikisource.org/wiki/Jésus-Christ_rastaquouère

dimanche 17 juin 2012

Le Quadra Génère ses propres angoisses

Tu es un lecteur. Tu aimes bien lire des histoires. T’évader. Ça t’arrive même de mater des émissions littéraires à la télévision, peut-être pour trouver une ressemblance entre la vie de l’auteur et la tienne. Mais être écrivain, c’est pas normal. C’est pas dans la norme, je veux dire. La norme, c’est l’illusion qu’on peut être heureux, qu’on peut connaître l’apaisement, qu’on n’est pas soumis à des diktats. Être heureux. Bander. Partager des moments avec quelqu’un. Ben, là, t’en as deux, d’écrivains. T’en as un qui ressent la fatalité de la plume, de l’œil qui mate et qui transforme la réalité par l’écriture. Et puis, t’en as un autre qui ne se ment pas, qui n’accepte pas l’illusion de la normalité. N’écoute pas ce qu’on dit de la vie privée des écrivains. Elle est pas simple, jamais, pas gaie, pas fluide. Les aspérités de la plume viennent te coller des orties là où tu voudrais de la simplicité, de la norme. Alors, éteins ton poste, ami lecteur, et lis ça. Tu en ressortiras différent. Tu verras ta norme différemment. Ça ne pourra que te faire du bien. Parce que mieux vaut être franc avec soi-même que se mentir et vivre dans l’illusion. C’est ça qu’elle apporte la littérature. Le 
décalage. La différence. L’anormalité. Bienvenue en Anormalie.


http://www.edicool.com/Store/Ebook/3251-Le-QUADRA-g.html

http://www.edicool.com/Store/Ebook/3251-Le-QUADRA-g.html

samedi 16 juin 2012

80-04-11 Serge Gainsbourg à propos de Evguenie Sokolov - JT FR3

L'urgence et la patience, Jean-Philippe Toussaint - La cause littéraire

L'urgence et la patience, Jean-Philippe Toussaint Ecrit par Eric Neirynck 01.05.12 dans La Une Livres, Les Livres, Recensions, Récits, Essais, Les éditions de Minuit L’urgence et la patience, Éditions de Minuit 2012, 107 p. 11 € Ecrivain(s): Jean-Philippe Toussaint Edition: Les éditions de Minuit « D’ordinaire, l’urgence préside à l’écriture d’un livre et la patience n’est que son complément indispensable, qui permet de corriger ultérieurement les premières versions du manuscrit ». Au travers de différents petits récits, Jean-Philippe Toussaint nous fait voyager dans son univers, dans son parcours d’écrivain, mais peut-être et surtout dans sa vie tout simplement. « J’ai oublié l’heure exacte du jour précis où j’ai pris la décision de commencer à écrire, mais cette heure existe, et ce jour existe… » Dans la première partie de cet essai, il nous fait partager l’urgence et patience qu’il éprouve dans son travail d’auteur. « L’urgence, qui appelle l’impulsion, la fougue, la vitesse ; et la patience, qui requiert la lenteur, la constance et l’effort. Mais elles sont pourtant indispensables l’une et l’autre à l’écriture d’un livre, dans des proportions variables, à des dosages distincts, chaque écrivain composant sa propre alchimie, un des deux caractères pouvant être dominant et l’autre récessif, comme les allèles qui déterminent la couleur des yeux ». Dans la seconde partie, il nous ouvre les portes de ses bureaux, de ses lieux d’écritures et de découvertes. Il revient sur sa relation avec Proust et A la recherche du temps perdu qu’il avoue avoir plus relu que lu. Sa rencontre avec Jérôme Lindon, son éditeur chez Minuit, qui lui permet après avoir été refusé par un bon nombre de maisons d’édition d’être enfin publié, et la naissance de leur amitié. Jérôme Lindon lui « offrant » même un petit face à face avec Samuel Beckett, un de ses modèles, à qui il avait fait appel pour avoir un avis sur son « travail » lorsqu’il n’était qu’un apprenti écrivain. Il termine sur une déclaration d’amour aux mots, à Beckett et à la richesse de la langue française. Pour résumer, ce petit livre d’une centaine de pages est avant tout l’histoire d’une envie, d’un besoin de partage avec ses lecteurs. Un véritable « making of » de Jean-Philippe Toussaint, sans jamais tomber dans les banalités. Vous ne trouverez aucune trace de ce soi-disant besoin vital, encore moins de la nécessité de mettre ses tripes sur la table, que bien des écrivains évoquent pour « justifier » leur besoin d’écrire. Non, il nous parle simplement de rêve et d’envie. Et c’est gagné. Impossible enfin de ne pas parler du fauteuil bleu-turquoise qui traverse ce livre comme un petit fil rouge. Fauteuil dans lequel il a fait ses premières découvertes et où il a ressenti toute la puissance de la littérature. « Au mur, à un clou, tel un pluvier, pendait un ravanastron. …maintenant que je sais ce que la phrase veut dire, que je peux certifier qu’elle a un sens et que je pourrais, le cas échéant, l’affadir en l’expliquant, je me rends compte que c’est dans sa forme, et nullement par son sens, qu’elle m’avait ébloui ». Eric Neirynck

La maternité - Mathieu Simonet

Ma mère, une mère juive comme les autres si ce n'est qu'elle n'est pas juive. Un caractère, une force que je croyais indestructible. Jamais elle ne s'est plainte, jamais elle n'a reculé. Un exemple de droiture et de courage. Jamais malade, aimant son travail..., une autre époque. Des dizaines d'années sans faire de vagues, accrochée au roc qu'était mon père. Jusqu'à l'effondrement de sa vie. La disparition de son homme, de son repère, de l'arbre auquel elle s'était raccrochée. Mon père parti, elle n'était plus que l'ombre d'elle même. Oubliant les choses essentielles, voulant à son tour partir, rejoindre celui qu'elle aimait. En quelques semaines, je l'ai vu vieillir, devenir l'image de ma grand-mère. Cette femme vieillissante que je n'ai jamais connue jeune ; elle m’a eu sur le tard. Si simple, douce et si belle sur le peu de photo de ses vingt ans qu'elle a conservée. La mort et la perte sont des choses atroces, mais voir ses parents vieillir, et à travers eux se voir vieillir est loin d'être chose aisée. Ma mère est encore là, maintenant c'est moi qui m’occupe d’elle comme elle là fait avec moi lorsque j’étais enfant. La vie a fini par inverser les rôles. Elle n’est ni heureuse, ni malheureuse, elle est juste encore là. Moi, je la chéris, elle est mon dernier lien avec le passé, mon passé. Posted 3 weeks ago by Mathieu Simonet http://la-maternite.blogspot.fr/2012/05/texte-n5-de-eric-neirynck.html