dimanche 23 décembre 2012

Facebook, mon amour!

Reçu de Michel Collart: "Ton livre est encore sur ma table de nuit avec le dernier Goncourt que je n'arrive pas à terminer J'aime la fluidité et la simplicité de ton écriture, les histoires coulent bien, sont très visuelles (chouettes descriptions), elles me mettent parfois mal à l'aise car elles sont souvent loin de mon univers, mais c'est ce que j'ai aimé. Mais je le relirai car j'ai l'impression de l'avoir lu trop vite. Bien à toi et à te lire bientôt, Michel.

vendredi 21 décembre 2012

Quelques avis sur Facebook, mon amour! qui ressort aujourd'hui.


Quelques avis sur Facebook, mon amour! qui ressort aujourd'hui.·


  • Maud Tessier

Dimanche d'automne,dimanche à enfin oser lire 'Facebook,mon amour',livre entre mes mains que j'ai aspergé de mon parfum Angel,car je sentais qu'il allait faire mal en arrivant sur la page The end,livre tant attendu,tant convoité que j'ai touché,caressé longuement avant de passer aux choses sérieuses,le lire...chose faite me sens vidée et triste car il me manque déjà ce personnage,ces personnages à chaque fois différents mais si semblables dans le fond...des êtres fragiles déprimés qui cherchent la chaleur d'une vie normale dans l'abus de sexe,d'alcool,de situations glauques et terribles,pouvant aller jusqu au suicide...
Me sens très proche de l'écrivain que j'ai rencontré sur fb,aucune confiance en lui,et pourtant il ne raconte que sa vision de lucidité d'une vie de merde dont je ressens les mêmes desarrois,et je sais qu'il sait ....Maintenant ce livre de nouvelles est-ce Eric,ou son double écrivain,un secret que seul lui détient...bravo Eric,pour ton écriture fluide,aux phrases courtes allant droit à l'essentiel...Paris,5mars2010,Jeanne,un jour de neige entre autre resteront gravés au fond de moi
  • Bibliothèque Publique Berchem  
 Je m'en doutais bien ... eh bien franchement j'ai BEAUCOUP aimé ! Je trouve que vous avez vraiment un sacré talent surtout en ce qui concerne les premières phrases ! Elles sont souvent bien balancées et donnent vraiment le ton pour ce qui suit. Un seul regret, ce petit goût de trop peu...les idées et l'écriture sont bonnes mais c'est trop court ..... ;-)
  • Jean Yves Griette

    Salut Eric, je reviens vers toi car aujourdhui j'ai plus de temps qu'hier au soir. Alors je te rassure tout de suite j'ai beaucoup aimé ton livre. En règle générale j'adore le textes courts et la je n'ai pas été décu, loin de la. J'ai aimé l'humanité, la dureté, la douceur, les sujets, les personnages ect... Je me disais en refermant le livre que tu aurais pu "dégraissé" encore plus certains textes, comme le recommandait Simenon..... mais c'est peut être voulu de ta part, de ne pas l'avoir fait ? J'ai vraiment hate de lire d'autres textes de toi et je ne te dis pas ca pour te faire plaisir ou pour être agréable. J.Yves
    • Béatrice Verlinde

    Bonjour Eric et bravo pour tous les textes de "facebook mon amour" je viens de relire"provocation"...Malheureusement je ne pourrai pas venir à l'événement à paris ...si qqchose s'organise un jour à bruxelles , je serai là ! Bonne continuation dans l'écriture ...tu as du talent (enfin , je pense ...je ne suis ni spécialiste, ni critique littéraire ...mais tes nouvelles m'ont touchée...et pour moi c'est l'essentiel !!! ) et merci à facebook sans lequel je ne n'aurais pas -déjà- lu ton bouquin !
    bisous

    • Florence Foucart

    Bonsoir Eric,

    Un petit mot rapide pour te dire que j'ai lu ton recueil avec grand plaisir.. Je lis beaucoup de "jeunes auteurs" (j'aime ça c'est mon défaut ;-)) et je n'ai que rarement la surprise de découvrir des auteurs que j'aimerai suivre. J'aime ton écriture directe sans être vulgaire.. J'aime tes personnages tourmentés, attachants qui vont jusqu'au bout d'eux-mêmes sans être dans l'exagération. J'aime la sensibilité qui se dégage de ton écriture sans tomber dans le mélo. Une écriture propre, avec du style -ton style- et nickel point de vue grammaire, orthographe etc.. Bref je suis contente de te connaître. Facebook c'est aussi ça. Des talents qui ne demandent qu'à s'exprimer. Et des lecteurs qui ne demandent qu'à lire. 
    Question : J'aimerai bien savoir la part du vrai et du faux dans ces histoires inspirées de facebook. C'est possible ça ? 

    • Martine Kaoubi Simonnet
    Bonsoir Eric; je viens de dévorer FACEBOOK MON AMOUR! Un recueil de nouvelles drole,inquiétant,tendre,meurtrier,sexuel...........certaines nouvelles m'ont évoqué P.DJIAN ?J'ose espérer que cette évocation ne vous blesse pas.Toujours est-il que j'attends avec une folle impatience un nouveau bouquin sur les genres humains.BRAVO. Martine.

    • Eve Sans 
    J'AI AIMé, GELé ADOPTé, en numérique, en version papier, IL N'Y A RIZ YEN A JETER ♫♫♥




mercredi 21 novembre 2012

Tout passe, Gabriel Josipovici


Tout passe, Gabriel Josipovici

Tout passe, traduit de l’anglais par Claro, Quidam éditeur, 2012, 65 p. 10 €
Ecrivain(s): Gabriel Josipovici Edition: Quidam Editeur

Tout passe, Gabriel Josipovici
« Une pièce.
Il se tient à la fenêtre.
Et une voix dit : Tout passe. Le bien et le mal. La joie et la peine. Tout passe ».

Une fraîcheur, un renouveau, une découverte, un coup de cœur. Un style, une façon d’aborder la vie, les vies, sa vie.
Un texte très court, mais où l’auteur a réussi à concentrer l’essentiel. Une soixantaine de pages faites de moments, d’instants, de rencontres, d’amour, de désamour, de rupture. Des dialogues simples et complexes entre un père et ses enfants. Une fille et un fils inquiets, mais qu’il ne veut pas déranger. Un dialogue entre un homme, Félix, et lui-même. Des souvenirs : la mère de ses enfants, l’histoire de son abandon, le manque, la souffrance immense, qu’il mettra du temps à sortir.
Des images, fortes, très fortes.
« Il se tient à la fenêtre.
Carreau fêlé.
Son visage à la fenêtre.
Grisaille. Silence ».

Le carreau fêlé d’une vitre devant laquelle il passe la plus grande partie de son temps et qui représente bien plus qu’un simple carreau dans une chambre. Une fêlure profonde, des fantômes, le présent et le passé, la vie d’un homme blessé.
Ce livre doit être lu et relu encore et encore afin de prendre bien conscience du message que l’auteur a voulu nous faire passer.
L’absence, le déni, le refus et l’envie de vivre, la difficulté d’exister sont tous les sentiments qui transpirent des mots de Gabriel Josipovici. Des questions simples et pourtant tellement évidentes, que tous un jour nous nous poserons.
Le tout avec la musique : le quatrième mouvement du quatuor à cordes de Beethoven, opus 32 et l’écriture en toile de fond.
« – Rabelais, dit-il, est le premier écrivain à l’ère de l’imprimerie. Comme Luther est le dernier écrivain de l’ère manuscrite. Bien sûr, dit-il, sans l’imprimerie, Luther serait resté un simple moine hérétique. L’imprimerie, dit-il, en ôtant la mousse à la surface de sa tasse, a fait de Luther le puissant qu’il est devenu, mais c’est essentiellement un prédicateur, et non un écrivain. Il connaissait son public et écrivait pour lui.
Rabelais, lui, dit-il en suçant sa cuiller, a compris ce que signifiait pour l’écrivain ce nouveau miracle qui était l’imprimerie. Ça signifiait avoir gagné le monde et perdu son public. Ne plus savoir qui vous lisait ni pourquoi. Ne plus savoir pour qui vous écriviez. Rabelais, dit-il, trouvait ça insupportable, comique et délectable, tout ça en même temps ».
Ce livre est une parfaite description poétique (oui poétique, j’insiste) des plaies béantes que nous avons chacun de nous du côté du cœur, de la tête ou des deux.

« Une pièce.
Il se tient à la fenêtre.
Et une voix dit : Tout passe. Le bien et le mal. La joie et la peine. Tout passe ».

Eric Neirynck

lundi 12 novembre 2012

Un week-end en famille, François Marchand

Ecrit par Eric Neirynck 07.11.12 dans La Une Livres, Les Livres, Recensions, Roman, Le Cherche-Midi

Un week-end en famille, Août 2012, 13 €

Ecrivain(s): François Marchand Edition: Le Cherche-Midi

« Je venais de me marier avec Aurélie à Las Vegas, dans la foulée d’une perte monumentale au poker, en me disant qu’il valait mieux rassembler toutes les conneries possibles sur un seul jour ».
Un grande part de l’histoire de ce livre c’est Paris qui rencontre la province, mais aussi la province qui rencontre Paris
Et quelle province ! La Samouse, région fictive (quoique), coin perdu s’il en est. Fin fond d’un monde dit civilisé par les citadins purs et durs.
Des petits villages aux doux noms imprononçables, des rencontres improbables, mais « obligatoires » et des gens tellement différents. Le narrateur a la « malchance » d’avoir épousé une fille du cru, Aurélie. Pour lui faire plaisir, il accepte de rencontrer ceux qui font partie de sa vie de jeune fille, et de leur être présenté.
Le temps d’un week-end interminable avec sa belle-famille, il prend la mesure des différences qui séparent la ville de la province. Pour lui toute cette aventure ne fait que confirmer l’adage ; on ne choisit pas sa famille.
Dès son arrivée le vendredi soir, il sait déjà que les choses se passeront mal. En à peine quelques heures, il a droit de la part de son beau-père aux commentaires sur les plus beaux villages de France, le bonheur de la vie à la campagne loin de l’enfer de cette autre planète où vivent de drôles d’habitants que l’on nomme les Parisiens. Race humaine incompréhensible, prétentieuse, hautaine, mais avec laquelle il est bien obligé maintenant de composer vu le choix de sa fille.
En fait vous prenez toutes les fausses idées que se font les provinciaux des Parisiens et vice versa, et vous obtenez la première partie de ce week-end en famille.
« – Comment s’appelait-il, ce film, déjà, ma chérie ?

– Quel… Quel film ? De quoi tu parles ?

– Le film, tu sais bien, où les gens ressemblent à ça. Je suis sûr que ta famille a joué dedans. Voyons. Je n’arrive jamais à m’en souvenir.

– Je ne vois pas, et quel rapport avec ma famille ?

– Le rapport, ce sont les dégénérés. Délivrance ! C’est ça, Délivrance ! John Boorman ! C’est ici que ça a dû être tourné.

– Espèce de salaud, tu es dégueulasse.

– Excuse-moi, chérie. D’ailleurs, je me trompe. Dans le film, la nature est très jolie, rien à voir avec la Samouse ».

S’en suit une descente aux enfers. Une folle poursuite, un drame, un passage mystique.

« Je me hasardais à baguenauder dans les rues désertes de Barrais-Bussolles, réfléchissant une fois de plus au sens de ma présence ici. Étais-je Jonas censé annoncer à la Samouse sa fin ? Et par là la sauver ? Ou, après tout, les événements successifs n’étaient-ils que des incidents profanes ? »
Le plus étonnant est sans doute l’épilogue de ce livre qui est comme la vie, souvent très différent de ce que l’on attend.
Ce livre est drôle, agréable à lire. Un vrai moment de détente dans le plus pur style de François Marchand.

Eric Neirynck



jeudi 25 octobre 2012

I feel

I feel like a old man, in the wrong way, with just love for my last days. Maybe this is wthat they call happiness?

jeudi 18 octobre 2012

bukowski on poetry

so you want to be a writer?

so you want to be a writer?
by Charles Bukowski

if it doesn't come bursting out of you
in spite of everything,
don't do it.
unless it comes unasked out of your
heart and your mind and your mouth
and your gut,
don't do it.
if you have to sit for hours
staring at your computer screen
or hunched over your
typewriter
searching for words,
don't do it.
if you're doing it for money or
fame,
don't do it.
if you're doing it because you want
women in your bed,
don't do it.
if you have to sit there and
rewrite it again and again,
don't do it.
if it's hard work just thinking about doing it,
don't do it.
if you're trying to write like somebody
else,
forget about it.

if you have to wait for it to roar out of
you,
then wait patiently.
if it never does roar out of you,
do something else.

if you first have to read it to your wife
or your girlfriend or your boyfriend
or your parents or to anybody at all,
you're not ready.

don't be like so many writers,
don't be like so many thousands of
people who call themselves writers,
don't be dull and boring and
pretentious, don't be consumed with self-
love.
the libraries of the world have
yawned themselves to
sleep
over your kind.
don't add to that.
don't do it.
unless it comes out of
your soul like a rocket,
unless being still would
drive you to madness or
suicide or murder,
don't do it.
unless the sun inside you is
burning your gut,
don't do it.

when it is truly time,
and if you have been chosen,
it will do it by
itself and it will keep on doing it
until you die or it dies in you.

there is no other way.

and there never was.

Goodbye Emmanuelle

mardi 16 octobre 2012

lundi 15 octobre 2012

Soap Apocryphe - Pacôme Thiellement - Inculte


Enfin! Enfin un livre d'où l'on sort moins con. Déjà que pour une majorité (de livre) il est dur d'y rentrer, ici dès le début c'est du plaisir et rien que du plaisir! Un livre qui n'a pas été écrit à la 6-4-2 (ceux qui liront ce livre, et j'espère qu'ils seront nombreux, comprendront.)
Une multitude de métaphores où se croisent imaginaire et réel, hier et aujourd'hui.


L'histoire  du jeune Léon Tzinmann et d'un groupe de jeunes bobos post-underground de la rive gauche, qui découvrent un texte apocryphe: le Contre Clément, "un traité gnostique du Vè siècle qui répondait en termes saumâtres aux Homélies clémentines, attribuées au premier Pape après Pierre." Groupe réuni autour de Mathieu Lucas (l'homme à la base de la découverte), qui décide de consacrer sa vie, enfin du moins quelques années, à la l'étude de ce texte. Passant des soirées entières à discuter, boire et fumer sur les commandements laissés par le frère de Jésus. Tous ont en eux le désir de faire publier leurs recherches et de contribuer à l'avènement d'un "Nouveau Monde"

""Les mecs, dans l'Ancien Testament, on parle de moi... Et les prophètes aussi, ils parlent de moi..." Ainsi, d'une manière qu'il ne pouvait considérer que métaphysiquement adéquate,  la lecture de Soruh d'Alexandrie et de son Contre Clément le ravit au plus haut point. Il en remerciait quotidiennement Mathieu Lucas et lui disait avec joie qu'il aurait pu en contresigner la totalité des propositions"

En parallèle l'auteur nous fait vivre l'histoire d'un amour/haine entre Léon Tzinmann et Pauline Jacques, femme, ancienne amante, actrice et enfin politicienne visant la magistrature suprême.

Il finit par lui adresser une lettre qui représente parfaitement l'absurdité du pouvoir et ce qu'en pensent beaucoup d'entre nous. Une lettre dont voici un petit extrait et qui à elle seule fait de ce livre un texte surréaliste (Pacôme aurait-il des ancêtres belges?)

"...Pour prévenir une telle éventualité, que la présidente assouvisse en conséquence les désirs de son peuple et autorise un sacrifice quotidien de son corps,  rendu souple à tout usage de la part du citoyen, mais bien évidemment exempt de toute violence autre que sexuelle..."

Au fil des pages, les découvertes se font de plus en plus rapidement pour se terminer en apothéose.

Dans un dernier élan de légèreté, on pourrait, sous forme d'hommage, dire que ce livre est Thiellement bien. Mais honnêtement l'intelligence, la finesse de l'humour et de l'écriture de l'auteur ne supporteraient pas ce genre de jeu de mots foireux.

Sans vouloir en  rajouter une couche, Pacôme Thiellement peut-être qualifié de magicien de mots.




Soap apocryphe est le premier roman de Pacôme Thiellement, écrivain, journaliste et réalisateur français, connu pour ses essais mêlant culture pop et philosophie (Les Mêmes Yeux que Lost, Tous les chevaliers sauvages, sur l’épopée d’Hara Kiri). Un texte drôle, érudit, critique acerbe du pouvoir de la célébrité, un Umberto Eco à la mode pop.

mercredi 10 octobre 2012

lundi 24 septembre 2012

L'amour est déclaré


L'amour est déclaré, Nicolas Rey

L’amour est déclaré, 13 septembre 2012, 196 p. 17,5 € (Ebook, 4,99 €)
Ecrivain(s): Nicolas Rey Edition: Au Diable Vauvert

L'amour est déclaré, Nicolas Rey
« – Très bien Clara (son éditrice), tu veux un bouquin. Dans trois mois, je te file un truc d’histoire sur la guerre d’Indochine avec une longue dédicace pour remercier “Wikipédia”.
– Nicolas, continue à raconter ta vie. T’es bon qu’à ça.
J’avais 39 ans, des impôts à payer et un appartement à rembourser. J’avais un fils aussi. Bref, je n’avais plus vraiment le choix ».
Et il l’a fait, en 196 pages il nous parle à nouveau de sa vie.
Le premier mot qui vient à l’esprit au début de la lecture du nouvel Opus de Nicolas Rey est : rassurant. Il va mieux ! Enfin presque. Ce livre peut être considéré comme une « suite » d’Un léger passage à vide publié il y a deux ans. Livre dans lequel  l’auteur nous parlait de ses problèmes liés à diverses substances dont il était un fervent consommateur à l’époque.
Dans L’amour est déclaré, toute cette période est derrière lui, fini les excès et vive l’amour !
« Je crois qu’elle s’est endormie à ce moment-là. Je crois que c’est à ce moment-là que je me suis levé pour serrer son visage dans mes bras et que j’ai pensé : “Quoi qu’il arrive, je ne te quitterai plus”.
Je crois que c’est à ce moment-là, aussi, que je suis tombé amoureux d’elle. Définitivement.
À présent j’ai beaucoup moins sommeil. Je me lève avant les autres. Grâce à elle. A cause d’elle. Pour elle, je serais prêt à me rendre au BHV… ».
C’est lui maintenant qui veille sur son entourage. Son fils Hippolyte, à qui il essaye d’expliquer la vie en lui expliquant ses expériences passées. De la première claque maternelle à la première claque amoureuse. Il lui explique le sexe, le beau mais aussi celui qui réduit l’homme à l’état de simple bête. Yves Kleber, son dieu, son panda, son double en pleine crise existentielle à qui il tente de sauver la vie. « Kleber raffole de l’expression “enfant-chien” puisque cette insulte permet de réunir à la fois les mômes et les animaux, les deux choses que Kleber déteste le plus au monde ».
Fini les cocktails explosifs et vive le Coca light à tous les repas. Il va même jusqu’à vouloir accéder à la propriété, incroyable pour le Nicolas Rey d’Un léger passage à vide.
Par amour il va tout accepter, jusqu’à la découverte de cinéaste culte, mais uniquement culte dans son village.
Malheureusement, rien n’est éternel. Sur un malentendu, la vie, la vraie va reprendre ses droits.
Une écriture simple, des mots et des maux de tous les jours, une recette qui marche parfaitement chez Nicolas Rey. Chacun pourra à un moment ou un autre se reconnaître dans un des différents petits chapitres.
« Dans la vie, les choses se terminent toujours mal.
Dans un livre pas forcément ».

Eric Neirynck

L'ouragan


L'Ouragan, Daniel Martinange

L’ouragan, Mai 2012, 15 €
Ecrivain(s): Daniel Martinange Edition: Stéphane Million éditeur

L'Ouragan, Daniel Martinange

Un livre, un style, une révélation. Trois qualificatifs qui résument à eux seuls le premier livre de Daniel Martinange.
Dans L’Ouragan (livre qui porte magnifiquement son nom aussi bien dans la forme, que dans le style), l’auteur nous fait son road book/movie à lui.
Une histoire d’amour passionnelle, écrite à la façon des nouvellistes américains.
Pour Antoine, la cinquantaine, tout commence par la découverte de celle qui sera la perle de sa vie, j’ai nommé : Bahia.

« Il l’avait rencontrée aux Baléares lors d’un voyage organisé, après le décès accidentel de ses parents… ».
« Depuis sa rencontre avec Bahia il n’avait plus ni cerveau ni sexe. Mais dans sa tête et son entrejambe un organe unique, indéfinissable, tout à elle dévolu. Se liquéfiant en elle il recevait en retour un torrent d’énergie, il se rechargeait. Erectile jusqu’au ciel il décrochait les étoiles. Elles tombaient sur la Terre, il se vautrait dans un tapis d’étincelles ».
L’histoire d’un amour fou qui va les mener au pire, une tragédie, qui fait prendre au récit l’allure d’une folle aventure humaine. Quoi qu’il fasse où qu’il aille Antoine, le « héros » du livre n’est plus qu’une ombre dans le souvenir de Bahia, sa belle, sa perfection, son Eldorado.
Le livre est un ensemble de petites histoires hantées par cette femme disparue. L’envie d’Antoine de fuir son acte et un passé trop lourd à porter.

« Lorsque Antoine émerge du sommeil, un jour badin piétine à sa fenêtre.
La nuit l’a plongé dans des rêves où il était sûr de lui. Une femme lui donnait raison sur tout.
Il se lève.
– Quel merdier, le monde… Ça s’arrange pas… Toutes ces guerres, ces enfants martyrs… De pire en pire…
Il soliloque ? Timbré ! Se préoccuper de ça au saut du lit. Siphonné !
Mais non. Mais non. Bouleversé par le reportage télévisé de la veille, il s’adresse à Bahia. Pour maintenir le lien. Comme si elle était à ses côtés et lui répondait ».

En quelques dizaines de pages, le chemin d’Antoine va croiser celui d’autres paumés. Une albinos perdue dans les méandres de la quête de l’amour, un Indien Navajo des plus originaux, une fille un peu folle qui passe d’homme en homme sans se soucier le moins du monde de ce que l’on peut penser d’elle, un fakir et sa planche à clous et des animaux qui parlent. Jusqu’au jour où…
L’histoire se déroule à un rythme effréné, mais tellement prenant que vous ne pourrez lâcher ce livre une seule seconde sans avoir envie d’y replonger immédiatement.
Daniel Martinange nous fait l’économie de toutes fioritures (pas de descriptions inutiles, pas de longueurs qui ne servent bien souvent qu’à noircir du papier).
Il va à l’essentiel, le récit. Pari réussi !
L’histoire se termine, l’ouragan est passé. Vous pouvez reprendre une activité normale.

Eric Neirynck

mardi 11 septembre 2012

La mort est une nuit sans lune, Renaud Santa Maria


La mort est une nuit sans lune, Renaud Santa Maria

La Mort est une nuit sans Lune, Stéphane Million Editeur, 23 août 2012, 15 €
Ecrivain(s): Renaud Santa Maria

La mort est une nuit sans lune, Renaud Santa Maria
Après nous avoir étonné et passionné avec son premier livre Le cœur en berne (Recueil de nouvelles) et ses différentes publications dans la très bonne revue Bordel éditée par Stéphane Million. Renaud Santa Maria fait sa rentrée cette année avec son premier roman.
Attention auteur !
Premier roman, première réussite.
Quel amour de la langue, quelle beauté dans le choix des mots, avec en plus une pointe d’humour parfois légèrement décalée.
Au travers des pages, nous traversons la vie d’un homme, Augustin. De l’enfance à l’âge des souffrances. La dépression, l’envie de mort et l’amitié sont présentes tout au long de cette vie. Une forme de bonheur aussi lorsqu’il rencontre enfin Clara qui, un temps du moins, lui fera oublier qu’il n’est pas de ce monde.
C’est après avoir quitté Reims, sa ville natale, pour Paris, qu’il provoquera la rencontre de la femme de sa vie.
« Galvanisé comme un aveugle qui recouvrait la vue, je décidais d’aller aussitôt à sa rencontre et de m’adresser à elle.
– Veuillez m’excuser par avance, mais j’aurais une faveur à vous demander qui me tirerait sincèrement de l’embarras : m’autoriseriez-vous à tomber amoureux de vous ? »
Elle lui fera connaître la passion, la vraie. Celle qui brûle dans tous les sens du terme.
« – Tu vois Clara, c’est idiot, mais même heureux avec toi, je ne parviens pas à me défaire de l’idée de la mort. J’ai même toujours cherché à lui trouver une définition parfaite de ce qu’elle évoque au plus profond de mon âme…
– Je crois, en voyant l’immensité de cette nuit qui se confond avec la mer, si calme, si silencieuse, que si nous n’avions pas au-dessus de nous ce magnifique clair de lune me permettant de t’apercevoir… Oui, je crois bien alors que la mort serait une nuit sans lune… ».
Le passé, la mort, l’amour jusqu’à la passion, jusqu’à l’obsession. Arthur Rimbaud, le pont des Arts et ses cadenas comme lieu d’union. Paris en ce qu’elle est de plus romantique et dramatique.
Une chute inattendue, un final en feu d’artifice, tout y est !
Alors, fiction, autofiction ou autobiographie ? Seul l’auteur peut répondre à cette question, mais en tout cas Augustin le « héros » de ce livre est l’image même de ce que l’auteur donne de lui en public.
Je ne parle même pas de la présence de Stéphane des Monts avec qui il désire tellement travailler et dont le nom et la description physique sont si proches de Stéphane Million son éditeur. Ou encore de Pandora, son chat noir qui existe vraiment (des photos de lui (elle) sont souvent publiées par l’auteur sur son mur Facebook). Et enfin, voir surtout, Palma, sa mère à qui il avait déjà dédié un magnifique poème dans son recueil Le cœur en berne et qui occupe une place discrète, mais centrale dans ce livre.
Dans la vie d’un lecteur, il y a des livres qui passent et d’autres, bien plus rares, qui marquent. Sans aucune hésitation La Mort est une nuit sans lune fait partie de la seconde catégorie.
Merci Renaud et à très vite pour la suite.

Eric Neirynck

mardi 31 juillet 2012


Coupes sombres, Giulio Minghini

Ecrit par Eric Neirynck 31.07.12 dans La Une LivresLes LivresRecensionsRomanSeuil

Coupes sombres, Seuil, Cadre rouge, 03/05/2012, 80 p. 13 €
Ecrivain(s): Giulio Minghini Edition: Seuil

Coupes sombres, Giulio Minghini
« Comme le magicien sort la carte attendue de la manche d’un spectateur incrédule, Stanislaw se saisit du pistolet et en finit avec le monde ! »
En une seule phrase, le décor de ce tout petit roman est installé. Et de décor il en est question, puisque l’histoire alterne entre le théâtre et la réalité, ou le contraire, mais peu importe.
62 pages de pur plaisir, d’amour des mots, de la langue française et de sensibilité. Quel amour du verbe, quelle justesse dans l’emploi des termes et descriptions. Ce livre est plus que bien écrit, et quand on sait que le français n’est pas la langue maternelle de l’auteur, le respect n’en est que plus grand.
Certes, certains (ceux pour qui le nombre de signes est plus important que la qualité du texte) trouveront ce livre quelque peu inabouti et trop court. Ce qui à mon sens est une erreur. Ce roman est rapide, direct, mais pas court.
Simplement il est écrit sans futilités, artifices ou longueurs inutiles.
Mais surtout ces quelques pages sont ponctuées de phrases magnifiques telles : « … Après l’orgasme, la lumière revient d’un coup, immanquablement la tension dramatique retombe, personne n’y croit plus… »
En résumé ce livre est une sorte d’hommage à ceux qui par désespoir décident d’arrêter leur parcours de vie et de partir vers l’inconnu.
« Et si le suicide était le seul véritable baptême ? »
Une chose est évidente, il faut un certain vécu, de la souffrance, de l’amour pour pouvoir s’approprier et aimer profondément ce livre. Le lourd bagage de la vie est indispensable pour rentrer entièrement dans la scène, les scènes de vie racontées par l’auteur.
« Et inévitablement, Monsieur le Docteur, des coupes sombres se sont imposées à nous, comme il arrive presque chaque jour, bien entendu, mais de façon plus radicale cette fois-ci. En nous séparant, à la fin du mois d’août qui nous avait stupidement meurtris, nous avions voulu éclaircir de quelques coupes bien décidées l’épaisse ténèbre qui nous entourait, la forêt de branches folles de nos pensées. Nous croyions y avoir amené un peu de lumière. Mais non : nous n’avions gagné que plus d’obscurité ».

Dans une interview donnée récemment à un magazine, l’auteur reconnaît une grande part d’autofiction dans cette histoire, ce qui la rend encore plus forte.
En littérature aussi les moments les plus brefs peuvent être ceux qui laissent les meilleurs souvenirs.
Cette recension est volontairement courte et directe comme l’est le second livre de Giulio Minghini.

Eric Neirynck


samedi 28 juillet 2012

Ma bibliothèque idéale


1. Jesus-Christ Rastaquouère - Francis Picabia
Texte fondateur, texte unique, une véritable référence pour moi.

2. Madame Bovary - Flaubert
Parce qu'il n'y a pas plus belle histoire d'amour, de douleur, de vie.

3. Dernier Roman - Guillaume Dustan
Dustan c'est l'écriture vérité, crue mais tellement vraie

4.Ecrivains - Antoine Volodine Le livre qui m'a fait découvrir l'univers, les univers de Volodine et de ses clones

5.Moins qu'une pute - Régis Clinquart
Un lettre de rupture, de souffrance, un déchirement exprimé avec les mots de notre époque.

6. Rose poussière - Jean-Jacques Schuhl

7.Euguenie Sokolov - Serge Gainsbourg

8. Nadia exist - Simon Liberati

9. Autoportrait - Édouard Levé

10. Nightclubbing - Alain Pacadis

11. Novövision - Yves Adrien

12. Bonjour Tristesse -
Françoise Sagan Tellement évident

13. Mémoires d'un jeune homme dérangé - Beigbeder

14. Les larmes - César Aira

15. Mémoires courtes - Nicolas Rey

16. Panthéon - Yann Moix

17. La salle de bain - Jean-PhilippeToussaint

18. Les combustibles - Amélie Nothomb

19. Huis clos - Sartre

20. La vie devant soi - Émile Ajar/Romain Gary

samedi 23 juin 2012

Moins qu'une pute.


"Moins qu’une pute" de Régis Clinquart, n’est pas une livre, n’est pas un roman ou une nouvelle, c’est tout simplement une lettre de rupture. Et pas n’importe quelle lettre, c'est celle que nous avons tous eu envie un jour d’écrire et d’envoyer, voire de publier à  celui ou celle qui nous fait souffrir. 
Comment dire à celle qu’on a aimée, désirée, baisée pendant des mois, qu’elle n’est pas moins qu’une pute?
Régis Clinquart à réussi , avec honnêteté, sincérité, sans langue de bois à le faire. Des mots, des phrases simples et directes qui vont droit au but. Surtout, ne cherchez pas de poésie, de regret dans cette lettre. Ce livre n'est rien d'autre qu'un règlement de compte sur papier afin de solder une bonne fois pour toutes, le mal qu’une femme devenue salope peut faire à un homme!
Dans le même ouvrage vous trouverez : “Romance”, mais je vous en parlerai lors d'un prochain billet.
Régis Clinquart c’est aussi Apologie de la viande et d’autres textes dont certains, publiés dans la revue Bordel. Il est aussi réalisateur de court métrage. Vous pouvez le découvrir et l’aimer sur son site web : www.clinquart.com.
 



Régis  Clinquart   Moins qu'une pute - suivi de Romance
Flammarion 2004 /   126 pages

jeudi 21 juin 2012

Bruxelles


Si tu ne l'as jamais vue, tu ne connais rien. C'est la plus belle, la plus ouverte, la plus simple, la plus proche de l'idéal de liberté. Ce n’est pas l'Amérique, Dieu merci, c'est mieux. Elle représente la planète entière, elle à une langue, un code, un style, une superbe qu'aucune d'autre au monde n'a. Elle ne rivalise pas avec les autres, elle n'en a pas besoin. Elle s'offre à toi, ne te demande rien. Elle boit, elle fume, elle danse, elle chante, mais si tu la fais chier, parfois elle te mord aussi. Si tu prends le temps de la connaitre, si tu lui donnes un peu d'amour, jamais elle ne te décevra, jamais elle ne t'abandonnera. Elle ce n'est pas une femme. Elle c'est ma belle, Bruxelles.

mardi 19 juin 2012

Jésus-Christ rastaquouère


Jésus-Christ rastaquouère 



Francis Picabia



CHAPITRE I

Je ne parle pas de chat, je ne parle pas des oreilles, je ne parle pas de maïs, je ne parle pas du mouton, je ne parle pas des femmes, je ne parle pas des hommes. Je ne suis pas peintre, je ne suis pas littérateur, je ne suis pas musicien, je ne suis pas professionnel, je ne suis pas amateur.
Or, dans ce monde laissé pour compte, il n’y a plus que des spécialistes. Les spécialités séparent l’homme de tous les autres hommes.
Poètes lyriques, poètes dramatiques, vous adorez l’art pour échapper à la littérature, et vous n’êtes que littérateurs. Peintres traînards, les régions que vous explorez sont de vieilles anecdotes. Musiciens, vous êtes des ricochets sur l’eau…
Un homme de nos jours
Est une sorte de miroir.
Quand le rideau se lève,
La place de spectateur
Est parfaitement libre ;
Il n’a pas la foi
Et vous lui imposez des préjugés,
Comment espérer ?

Jalousie, amour, haine, ambition, le spectateur joue ces rôles ondoyants et solennels.
Dieu, qui domine l’action problématique, est aussi improbable que la providence ou la fatalité.
Félicité extraordinaire,
Nécessairement impossible,
Dans le feuillage clairsemé
Des papillons arc-en-ciel.
Les bons légumes, le fraiser, l’héliotrope, etc… Voilà les excès d’amour et le néant de Jésus-Christ-Rastaquouère.


la suite : http://fr.wikisource.org/wiki/Jésus-Christ_rastaquouère